mar.

11

févr.

2014

Trois conférences en trente minutes : un succès

Pioupiou, animal du cirque quantique. Photo V. Huygues
Pioupiou, animal du cirque quantique. Photo V. Huygues

Belle initiative de l’université Paris-Sud et la Diagonale Paris-Saclay aujourd’hui à l’université d’Orsay : le premier « science break », un format inédit de conférences pour un large public.

 

Trois physiciens se relaient pour des conférences de 10 minutes chacune, basées sur des expériences. Un format  court, un style dynamique, le tout suivi… d’un apéro. Bref, de quoi fidéliser ceux qui aiment les sciences mais détestent les présentations soporifiques.

 

Vous pensiez que le sillage des bateaux n’avait plus de secrets ? C’est aussi ce que pensaient les physiciens, depuis que Lord Kelvin, il y a plus de 100 ans, avait montré que l’angle du sillage était toujours de 19,47 degrés, quels que soient la taille et la vitesse du bateau. En demandant à ses étudiants de le vérifier par l’expérience, Marc Rabaud s’est aperçu c’était faux ! Intrigué, il a refait les expériences, et surtout, s’est appuyé sur les photos de sillages de bateaux disponibles sur Google Earth. Résultat sans appel : l’angle du sillage dépend de la vitesse du bateau.

 

De son côté, Wibke Drenkhan, lauréate du prix Irène Joliot-Curie de la "Jeune Femme Scientifique" en 2013, a raconté comment était née sa passion pour les mousses. Rien de plus simple, pense-t-on, qu’une mousse, puisqu’il suffit d’eau, d’air et de savon pour en créer. Pourtant, selon la manière dont on le fabrique, ses propriétés sont très différentes. Il peut couler comme un liquide, ou rester presque solide. Les industriels de l’agro-alimentaire, de l’hygiène et même la Défense, s’y intéressent. Aujourd’hui, Wibke Drenkhan, qui avait toujours hésité entre art et science combine ses deux passions en fabriquant… des sculptures de mousse. « Les tiroirs sont dans nos têtes », conclut-elle.

 

Mais la star, c’est lui : Pioupiou, une sorte d’oiseau en bois dont les fesses sont un gros aimant, imaginé par Julien Bobroff. Ce physicien, créateur d’un groupe de recherche sur les nouveaux modes de diffusion de la recherche, veut réinventer la vulgarisation. En présentant pour la première fois son « cirque supraconducteur quantique », il a conquis l’amphithéâtre bondé de l’université d’Orsay.

 

« Il faut des objets rigolos et mignons pour parler de physique quantique dans les écoles », explique-t-il en nous présentant Pioupiou, le premier animal de son cirque quantique. Après avoir refroidi un cylindre en céramique supraconductrice dans l’azote liquide, il montre que Pioupiou lévite, « sans trucage » précise-t-il.

 

Mieux, Pioupiou suit l’aimant, comme s’il était accroché, contrairement à ce qui se passe lorsqu’on fait léviter un objet sur un jet d’air. Place ensuite à Tchoutchou, un train supraconducteur se déplaçant sur des aimants, même quand on les mets à l’envers. « C’est une démonstration en direct des propriétés étonnantes des ondes quantiques », s’enthousiasme Julien Bobroff.

 

Une bien belle expérience de médiation scientifique, claire et ludique. A refaire !

 

Cécile Michaut

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