Vulgarisation ou médiation ?

 

 

Il y a les tenants de la vulgarisation, et ceux qui ne jurent que par la médiation scientifique. Au-delà des querelles de mots, ce sont deux types de relations avec le public qui s’opposent. Et s’il était possible de les réconcilier ?

 

 

Vulgarisation, un gros mot ?

Il est de bon ton, aujourd’hui, de bannir le mot « vulgarisation », au profil de « médiation ». La tare de la vulgarisation : être lié au très péjoratif « vulgaire ». Pourtant, vulgaris en latin signifiait plutôt « relatif à la foule, commun à tous ». N’est-ce pas justement l’objectif de la vulgarisation, que de rendre la science au plus grand nombre ?

 

 

 

Condescendance

Un autre reproche, plus fondamental : la vulgarisation serait descendante, de celui qui sait vers celui qui reçoit, avec l’aspect parfois hautain que cela implique. Au contraire, la médiatisation impliquerait d’être plus à l’écoute de l’auditoire. Il est vrai que la médiation se fait généralement en présence du public, et un médiateur scientifique qui ne serait pas attentif à son auditoire serait un bien mauvais professionnel. Faut-il pour autant remplacer « vulgarisation » par « médiation » ?

 

 Non, car si la vulgarisation recouvre une réalité bien plus large que la médiation. Un livre, une émission de télévision, un article de journal, une vidéo font œuvre de vulgarisation, non de médiation.

 

 

 

Large public

Ce que la vulgarisation perd en proximité par rapport à la médiation, elle le gagne en ouverture à un large public. Certes, les centres de culture scientifiques techniques et industriels (CCSTI) comme le Palais de la découverte accueillent certes des dizaines milliers de personnes chaque année, qu’elles initient à la science. Ces personnes restent souvent marquées longtemps par ce qu’elles ont vu, et beaucoup de vocations scientifiques sont nées grâce au talent des médiateurs. Mais hormis les scolaires, ce sont souvent des personnes déjà sensibilisées à la science qui s’y rendent.

 

 La vulgarisation, de son côté, permet parfois de toucher des centaines de milliers, voire des millions des personnes d’un coup. Elle s’adresse à tous ceux qui n’ont pas l’occasion ou l’envie de venir dans un CCSTI, ou même à ceux qui, au départ, ne s’intéressent pas du tout aux sciences.

 

 

 

Réconciliation

Plutôt que de continuer la querelle médiation contre vulgarisation, pour quoi ne pas s’inspirer des atouts des deux ? Par exemple en faisant de la vulgarisation moins condescendante, qui prend davantage en compte le point de vue du public. C’est ce que font la plupart des vidéastes qui demandent l’avis de leur public pour leurs prochaines vidéos, voire corrigent des erreurs ou approximations à la suite de remarques.