mar.

24

janv.

2017

Métier : vulgarisateur

 

Partager son amour de la science avec le public : quel beau métier que celui de vulgarisateur !

Mais de quelle profession parle-t-on exactement ? 

Petite revue (non exhaustive) des métiers de la vulgarisation et de leurs conditions d’exercice.

 

 

Les centres de culture scientifique à l’honneur

 

Les Centres de communication et de culture scientifique, technique et industrielle (CCSTI), tels que le Palais de la Découverte à Paris, la Casemate à Grenoble ou l’Espace des sciences à Rennes, sont un des principaux employeurs en vulgarisation. Le métier le plus connu est peut-être celui de médiateur scientifique. Caractéristique du médiateur : il est au contact du public (essentiellement des enfants), à qui il raconte la science de manière ludique. Les médiateurs scientifiques sont souvent embauchés en CDD à temps partiel.

 

 

Parfois, les médiateurs participent à la conception des expositions, parfois ce sont d’autres professionnels, alliés à des scientifiques. Les CCSTI emploient aussi des directeurs, chargés de projets, sans oublier ceux qui fédèrent les bonnes volontés comme Marion Sabourdy chargée d’animer Echosciences Grenoble, le réseau social local des passionnés et des professionnels de la culture.

 

 

Des associations très présentes

 

Les Petits débrouillards, Planète Science, les Atomes crochus, ou encore les clubs d'astronomie, nombreuses sont les associations de médiation scientifique. Elles interviennent généralement auprès des enfants, et emploient de nombreux animateurs, le plus souvent en CDD.

 

Ludmilla, animatrice scientifique, a interrogé plusieurs de ses collègues pour tenter de décrire ce métier en 10 questions/réponses.

 

 

 

Communiquer pour les institutions

 

Les organismes de recherche sont aussi de grands employeurs de « passeurs de science » [1]. Là, il ne s’agit plus tout à fait de vulgarisation, mais de communication scientifique. Le but principal  est de faire parler (en bien, évidemment) de l’organisme en question. Ces chargés de communication ont pour rôle d’organiser des événements comme la Fête de la science (souvent en lien avec les CCSTI), alimentent le site web, gèrent également la communication interne.

 

 

Parmi eux, les attachés de presse s’occupent de valoriser les travaux scientifiques auprès des médias, par exemple à l’aide de communiqués de presse ou de visites de journalistes, et de faire l’interface entre les journalistes et les chercheurs. De leur côté, les community managers animent les réseaux sociaux (facebook, twitter, instagram et youtube notamment) des  organismes de recherche, comme Guilhem Boyer pour l’Agence spatiale française (CNES).

 

 

 

Des journalistes et des animateurs

 

Dans les journaux, télés et radios, la science n’est pas aussi bien représentée que le sport ou la politique, mais reste présente. Les journalistes de presse écrite et web traquent l’information scientifique nouvelle et percutante, pour des journaux généraliste ou spécialisés. Ils travaillent soit en rédaction soit comme pigistes (journalistes travaillant pour plusieurs rédactions, et payés à l’article). Il existe aussi des photojournalistes spécialisés en science.

 

 

En radio, on retrouve plus souvent des animateurs d’émissions, comme Mathieu Vidard dans la Tête au Carré sur France Inter. Enfin, la télévision, plutôt pauvre en émissions scientifiques, fait la part belle au duo producteur-réalisateur, le premier se chargeant de vendre aux chaînes les émissions conçues par le second. Le réalisateur travaille notamment avec des caméramen, des preneurs de son et des monteurs.

 

 

 

Blogs et vidéos

 

Il serait dommage de limiter ce panorama aux métiers connus, tant la vulgarisation est aujourd’hui en pleine mutation. De nouvelles pratiques apparaissent, qui ne sont pas encore des métiers, mais pourraient le devenir. C’est le cas par exemple des vidéastes (parfois appelés youtubeurs), qui posent des vidéos scientifiques, dont certaines sont vues par plus d’un million de personnes. Ces vidéastes possèdent des chaînes qui rassemblent des dizaines ou des centaines de milliers de fans [2]. Très peu en vivent aujourd’hui, mais leur succès, notamment auprès du jeune public, est remarquable.

 

 

 

Les vidéastes ce ne sont pas les seules à se saisir des immenses possibilités du web pour vulgariser, comme le montre le Café des sciences, qui regroupe de nombreux blogs, enregistrements vidéo, dessins et vidéos et science.

 

 

 

Des métiers à inventer

 

Le monde de la vulgarisation associe aujourd’hui des professionnels et des amateurs éclairés, des personnes en poste et des indépendants, des gens qui vulgarisent eux-mêmes et d’autres qui coordonnent, facilitent et accompagnent le public. Il y a de la place pour tous les modes de partage de connaissances.

 

 

Les vulgarisateurs de demain pratiqueront probablement un métier nouveau. Qui aurait imaginé l’essor des vidéastes il y a dix ans ? Peut-être êtes-vous déjà en train d’inventer une nouvelle manière de parler de science avec le public…

 

 

Cécile Michaut

 

 

 

[1] Cette belle appellation provient des concepteurs du compte twitter commun @ComSciComCa, qui est tenu chaque semaine par un passeur de science différent, et qui m’a permis de mieux connaître les métiers de la vulgarisation.

 

 

 

[2] Mon article dans Le Monde sur les Youtubeurs à télécharger sur https://www.scienceetpartage.fr/publications/le-monde/

 

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Commentaires : 2
  • #1

    Prof Rouletaboulle (samedi, 28 janvier 2017 11:02)

    Bonjour

    J'adhère à cette synthèse mais il manque d'autre acteur de la mediation - animation
    Dans le monde associative il y a Planète sciences très présente et partout en France comme les petit débrouillard. Ou encore de nouvelle société qui propose aussi de l'animation scientifique comme Les Savants Fous. Sans compter tous les spectacles scientifique qui se créer chaque année.

    Anim'calement

  • #2

    Cécile Michaut (lundi, 30 janvier 2017 15:12)

    Vous avez tout à fait raison, et je rajoute de ce pas quelques mots sur ces associations.