ven.

03

juin

2016

Vulgariser pour mieux apprendre

Une enseignante de l’IUT d’Angoulème demande à ses étudiants de vulgariser les notions abordées. Résultat : des étudiants motivés, qui maîtrisent mieux les connaissances complexes.

 

 

Vulgariser n’est pas enseigner. Enseigner n’est pas vulgariser. Et pourtant, vulgarisation et enseignement font parfois bon ménage comme le montre une belle expérience pédagogique imaginée par Bernadette Chaulet à l’IUT d’Angoulème.

 

 

Film de vulgarisation

Son idée : demander aux étudiants de présenter une notion théorique –ici, les protocoles informatiques comme http pour la navigation sur Internet – de manière vulgarisée, à l’aide de petits films.

 

 

Etudiants enthousiastes

« Il est difficile de motiver les étudiants pour les cours magistraux, souligne l’enseignante. Lorsque je leur ai proposé de réaliser un film sur ces notions théoriques, je les ai vus s’animer, se mettre en groupe et commencer immédiatement à travailler. Je ne les avais jamais vus aussi enthousiastes !  Et jamais non plus ils n’avaient autant travaillé ! »

 

 

Motiver

L’objectif est double : motiver les élèves grâce à un apprentissage plus actif qu’un cours traditionnel, mais aussi les aider à s’approprier des enseignements complexes, puisqu’on ne maîtrise réellement que ce que l’on est capable d’expliquer à d’autres.

 

 

Repérer les difficultés

Bernadette Chaulet s’est aperçue d’un troisième avantage à cette vulgarisation : « lors des premières versions du film, les étudiants expliquaient mal certaines notions. Je repérais ainsi immédiatement ce qu’ils n’avaient pas compris, je pouvais donc leur ré-expliquer. Je n’aurais jamais décelé ces lacunes dans un cours classique. »

 

 

Films pédagogiques

Résultat : de jolis films pédagogiques et artistiques, qui peuvent servir à initier les étudiants des années suivantes. L’un porte sur le protocole DHCP, l’autre sur le protocole HTML.

 

 

Meilleurs résultats

Succès également sur le plan éducatif : les examens sur les notions vulgarisées sont mieux réussis. « Lors de la première évaluation (cours classique) la moyenne était de 8,5, note Bernadette Chaulet. Sur la deuxième évaluation qui concernait uniquement la notion vulgarisée, la moyenne était de 12,75. Ce succès est néanmoins à modérer car il faudrait que les étudiants maitrisent toutes les notions et pas seulement la notion vulgarisée. »

 

 

Impliquer : le secret

Cette expérience illustre bien la maxime attribuée à Benjamin Franklin : « Tu me dis, et j’oublie. Tu m’enseignes, et je me souviens. Tu m’impliques, et j’apprends ».

 

 

Conférence

Pour voir la conférence "vulgarisation et pédagogie" que j'ai donnée à l'IUT d'Angoulème (grâce auquel j'ai découvert cette expérience pédagogique), c'est ici.

 

Cécile Michaut

 

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