La bataille du climat se joue aussi sur la vulgarisation


Le succès ou l’échec de la COP21 se décidera bien-sûr lors des négociations entre États, mais aussi auprès du public.


Les dirigeants et leurs représentants aux négociations de la COP21 seront d’autant plus enclin prendre des décisions fortes sur le climat que leurs opinions sont conscientes des dangers du réchauffement climatique. Bien vulgariser les questions climatiques est donc un enjeu majeur, auquel se sont attelés nombre de journalistes et d’organismes. Un exercice plutôt réussi.


Des sites pour comprendre

Ainsi, le site du gouvernement sur la COP21 vient de publier une page très claire destinées à réfuter les arguments des climatosceptiques. On y rappelle que non, le réchauffement ne s’est pas arrêté en 1998, et que les variations de l’activité solaires ne suffisent pas à expliquer le changement climatique. D’autres, comme le site d’information Novethic, ont misé sur des cartes interactives, certes parfois plus difficiles à comprendre, mais utiles notamment pour appréhender les ordres de grandeur. Les amateurs de vidéos ne sont pas oubliés, avec par exemple cette superbe infographie du Monde permettant de comprendre le réchauffement en moins de 4 minutes.


Bien placés sur Google

Bien-sûr, les climatosceptiques et autres adeptes de diverses théories du complot trouveront toujours de quoi nourrir leurs fantasmes. Mais ceux qui cherchent de bonne foi des explications sur ce qu’est le climat, comment on le modélise, pourquoi on sait qu’il se réchauffe, et notre part de responsabilité, trouveront facilement de quoi satisfaire leur curiosité. En particulier, il est très positif que la première page de Google – généralement la seule consultée – lorsqu'on tape le mot "climat" ne renvoie qu’à des sources fiables comme l’incontournable Wikipedia, les articles du Monde sur le climat et la COP21, Météo France, ou Le climat en question, site créé par l’Institut Pierre-Simon Laplace (qui regroupe les principaux laboratoires de climatologie en France).


Et les télés ?

Reste à savoir si les télévisions – qui restent le média le plus consulté – seront aussi pédagogiques, et surtout à quels experts elles donneront la parole lors de la COP21. Aux vrais climatologues ? Ou aux « bons clients » médiatiques quelles que soient leurs connaissances en climatologie ? Là, le manque de journalistes spécialisés en sciences, ou ayant simplement une certaine culture scientifique risque de se faire cruellement sentir.


Cécile Michaut

 

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Commentaires : 3
  • #1

    Martin (mardi, 24 novembre 2015 19:06)

    Quand le rapport du Groupe III du GIEC dit que le nucléaire est nécessaire dans la totalité des 1200 scénarios pour rester sous les +2°C, vous n'avez pas l'impression que les climatosceptiques sont également dans le camp des anti-nucléaires qui vous fournissent en rapports bidons que vous réutilisez dans vos articles?

    Parce que je ne vous vois pas rappeler que pour 71% des climatologues et autres scientifiques du climat, le nucléaire est nécessaire à l'urgence climatique ...
    http://poll.visionprize.com/#nuclear-power-is-a-critical-part-of-a-solution

    A quand une étude sur l'indépendance des journalistes aux lobby anti-nucléaires/climatosceptiques?

  • #2

    Cécile Michaut (mercredi, 25 novembre 2015 08:42)

    Bonjour,
    Le GIEC ne dit pas que le nucléaire est nécessaire, il souligne que le nucléaire est une des solutions bas carbone (qu'il cite d'ailleurs en dernier, après bien d'autres solutions) : "l’amélioration de l’efficacité énergétique et la réduction des émissions fugitives dans l’extraction des combustibles ainsi que dans la conversion de l’énergie[6], le transport et les systèmes de distribution de l’énergie, la substitution entre combustibles fossiles[7], et les technologies à faibles émissions de GES comme les énergies renouvelables (ER), l’énergie nucléaire, et le stockage du dioxyde de carbone"
    La plupart des climatosceptiques se trouvent parmi ceux qui souhaitent le "business as usual", très peu parmi les antinucléaires. L'immense majorité des associations environnementales (qui incluent beaucoup d'anti-nucléaires) sont conscientes du réchauffement climatique et actives pour lutter contre.
    Le sondage mentionnant les 71 % de climatologues n'indique ni le nombre de personnes interrogées, ni qui elles sont exactement. Il n'a donc aucune valeur scientifique.
    Enfin, mon article portait sur la vulgarisation de la COP21, pas sur les solutions pour lutter contre le réchauffement. Il est donc logique que je n'y ai pas parlé du nucléaire, c'était hors sujet.

  • #3

    hajer (jeudi, 17 décembre 2015 09:33)

    Très important article, et très intéressant à lire.
    Merci pour ça!