jeu.

20

févr.

2014

Que sait le grand public ?

Une étude publiée le 14 février par la Fondation nationale des sciences américaine, et reprise par Le Monde, a ébahi nombre de  lecteurs et internautes, et a été largement commenté sur les réseaux sociaux.

 

Selon cette étude menée auprès de 2 200 personnes aux Etats-Unis, 26 % des Américains ignorent que la Terre tourne autour du Soleil et 52 % ne savent pas que l'homme a évolué à partir d'espèces précédentes d'animaux.

 

Certains en ont profité pour se moquer des Américains, ignares ou contaminés par les créationnistes… Pourtant, une étude similaire menée en 2005, montrait que les Européens n’ont pas de leçons à donner : s’ils sont meilleurs sur la théorie de l’évolution (70 % admettent que l’Homme a évolué à partir d’autres animaux), ils sont 29 % à croire que le Soleil tourne autour de la Terre,  et 23 %  à penser que les premiers humains ont vécu conjointement avec les dinosaures. Sans parler des 46 % qui supposent que les bactéries tuent les virus, ou les 23 % qui estiment que les électrons sont plus gros que les atomes.

 

Vous êtes étonné par ces résultats ? C’est probablement que vous côtoyez tellement souvent des  personnes cultivées que vous êtes déconnecté du niveau réel du public. Beaucoup de scientifiques, lorsqu’ils s’adressent au « grand public », imaginent une personne de niveau bac, parfois même bac scientifique.

 

C’est oublier que, si 80 % d’une classe d’âge décroche aujourd’hui ce précieux sésame, beaucoup sont dans des filières littéraires, économiques ou professionnelles, où la part des sciences reste faible. D’autre part, une personne qui a le bac depuis plusieurs années a oublié la plupart des connaissances qu’il n’utilise pas régulièrement. C’est pourquoi pour la plupart des vulgarisateurs, le grand public a le niveau d’un élève de troisième.

 

Autre erreur fréquente : croire qu’une notion scientifique utilisée fréquemment dans les médias ou les séries télévisées est comprise du grand public. Par exemple, si « Les experts » parlent d’analyse ADN  sur une scène de crime, doit-on en conclure que le public sait ce qu’est l’ADN, voire connaît les méthodes d’analyse ou les informations qu’on peut tirer de ce matériel génétique ? Bien sûr que non.

 

Connaître son public, ce qu’il sait, ce qu’il imagine, ses envies et ses attentes, est la première étape de tout vulgarisateur. Les études sur les connaissances des citoyens sont alors une aide précieuse. 

 

Cécile Michaut

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